Le Kremlin a tenté de calmer le jeu ce mardi 26 novembre après la publication d’enregistrements révélant des échanges sensibles entre responsables russes et américains au sujet du conflit en Ukraine. Par la voix de Dmitri Peskov, Moscou minimise la portée de ces conversations tout en reconnaissant que de sérieux obstacles pourraient freiner tout futur processus de négociation.
Moscou relativise l’importance des enregistrements divulgués
Dmitri Peskov a appelé à ne pas accorder trop d’importance aux fuites diffusées par Bloomberg. Celles-ci montrent des conversations téléphoniques tenues en octobre entre Steve Witkoff, émissaire spécial de Donald Trump, et Iouri Ouchakov, conseiller de Vladimir Poutine.
Les échanges laissent apparaître une coordination étroite sur un plan de paix en 28 points, considéré comme nettement favorable à Moscou. Le document évoque notamment :
- la cession des régions de Donetsk et Lougansk à la Russie,
- l’abandon par l’Ukraine de toute ambition d’adhésion à l’OTAN.
Ces révélations ont suscité un vif émoi dans de nombreuses capitales occidentales.
Le Kremlin s’attend à des résistances
Peskov a estimé que plusieurs acteurs, y compris aux États-Unis, chercheront à bloquer ou compromettre les discussions. Sans nommer personne, il fait allusion aux critiques qui se multiplient, notamment en Europe et au sein du Parti républicain, où certains ont qualifié le plan de véritable « capitulation » imposée à Kiev.
Les enregistrements montrent également Witkoff suggérant de flatter Trump en le positionnant comme un futur « artisan de paix », ou encore d’organiser un appel entre Poutine et l’ancien président américain avant une rencontre avec Volodymyr Zelensky.
Un autre extrait dévoile Kirill Dmitriev évoquant la manière de transmettre officieusement les positions russes aux interlocuteurs américains.
Moscou appelle à la prudence face aux espoirs d’un accord rapide
Malgré l’intensification des échanges diplomatiques, le Kremlin tempère toute idée de résolution imminente du conflit. Peskov insiste : il ne faut pas tirer de conclusions hâtives quant à une sortie rapide de la guerre.
Cette prudence contraste fortement avec le ton des conversations divulguées, où les intervenants russes et américains se félicitaient mutuellement de leurs avancées. La ligne officielle de Moscou semble viser à maîtriser les attentes publiques tout en poursuivant des discussions discrètes avec l’entourage de Trump.
Dans ce contexte, l’Union européenne a présenté une contre-proposition supprimant notamment la clause concernant le retour de la Russie au G8. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si ces échanges préliminaires évolueront vers de véritables négociations formelles impliquant Kiev.
