France : le gouvernement veut limiter les arrêts maladie à 15 jours, la colère monte chez les soignants

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2026, actuellement examiné à l’Assemblée nationale, fait déjà grincer des dents. Le gouvernement souhaite plafonner les arrêts de travail initiaux prescrits en ville à 15 jours maximum, une mesure présentée comme un moyen de freiner la hausse des dépenses publiques, mais jugée inadaptée et dangereuse par les médecins et les associations de patients.

Une mesure pour freiner la hausse des dépenses

Selon l’exécutif, la facture des arrêts maladie a augmenté de 6 % par an entre 2019 et 2023, contre 3 % entre 2010 et 2019.
Pour tenter de maîtriser cette dérive, la réforme prévoit que les médecins exerçant en cabinet ne puissent plus délivrer que 15 jours d’arrêt maximum, contre 30 jours pour les hôpitaux.

Mais sur le terrain, la mesure suscite un tollé.

« Une jambe cassée, c’est quarante-cinq jours minimum d’arrêt. Si l’hôpital ne peut en donner qu’un mois, le patient devra repasser par son médecin traitant, quand il en a un », explique Gaëlle Lunardi, présidente du syndicat des médecins généralistes en Isère, au micro de France 3 Régions.

Médecins et patients vent debout

Pour Gilles Perrin, président du Conseil national de l’Ordre des médecins, la mesure trahit une méconnaissance du soin :

« Un arrêt, c’est un soin à part entière, au même titre qu’un médicament. Quand il est justifié, il doit être prescrit, point. »

Le Dr Jérôme Marty, président du syndicat USML, est encore plus direct :

« On n’en veut pas de cet oukase ministériel, loin de la réalité des soins. Les médecins et les patients ne sont pas des escrocs. »

Les associations de patients, elles aussi, dénoncent une réforme punitive. Dans une lettre ouverte au Premier ministre, France Assos Santé estime que le gouvernement « prend le risque de culpabiliser les patients » et alerte sur les reprises prématurées du travail, sources de rechutes et de complications médicales.

Un système de santé encore plus saturé

Au-delà du fond, les professionnels de santé redoutent un effet boule de neige : multiplication des rendez-vous pour prolonger les arrêts, surcharge des cabinets et aggravation de la crise d’accès aux soins.

« L’ajout de ces consultations ne fera que saturer davantage le système », prévient un syndicat médical.

L’examen du PLFSS 2026 se poursuit à l’Assemblée nationale. Les débats débuteront le 4 novembre, et le Premier ministre Sébastien Lecornu a assuré qu’il n’utiliserait pas l’article 49.3, laissant la porte ouverte à d’éventuels amendements.

Limiter les arrêts maladie à 15 jours ? Une mesure gouvernementale qui inquiète médecins et patients, déjà confrontés à un système de santé sous tension.

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