La richesse mondiale atteint des sommets historiques, portée par les grands patrons, investisseurs et héritiers des grandes familles. La France n’échappe pas à cette concentration. Tandis que certains cumulent des patrimoines colossaux, une grande partie de la population peine encore à couvrir ses besoins essentiels. Au cœur de ce déséquilibre : le rôle de plus en plus décisif de l’héritage.
Une transmission massive à venir
Selon l’étude La Grande Transmission menée par Théo Iberrakene, Alexandre Ouizille et Boris Julien-Vauzelle, plus de 9 000 milliards d’euros devraient être transmis en France au cours des quinze prochaines années. Une somme inédite, qui risque de renforcer la domination des familles les plus fortunées. Déjà aujourd’hui, les 10 % des ménages les plus riches détiennent plus de la moitié du patrimoine national, tandis que le 1 % le plus aisé concentre à lui seul un quart des biens.
Autre donnée révélatrice : pour ces élites, plus de la moitié de la richesse totale provient désormais de l’héritage, soit deux fois plus qu’au milieu des années 1970.
Une société de plus en plus figée
Les auteurs de l’étude alertent : la naissance tend à devenir le facteur déterminant du statut social. Sans réforme, la mobilité pourrait s’effondrer au profit de dynasties patrimoniales. Ils préconisent donc de cibler fiscalement les plus grosses transmissions afin de limiter le creusement des écarts.
Des conséquences sociales profondes
Ce phénomène dépasse les chiffres. Les générations issues des “baby-boomers” recevront des patrimoines considérables, élargissant encore le fossé avec les ménages modestes qui, eux, dépendent presque exclusivement de leurs revenus professionnels ou de prestations sociales.
À terme, c’est tout l’équilibre du modèle français qui est en jeu : un pays où l’effort individuel et le mérite risquent de peser moins que le poids de l’héritage.
