Depuis plusieurs semaines, les tensions montent entre l’Éthiopie et l’Érythrée. En cause : les ambitions de l’Éthiopie pour retrouver un accès à la mer, notamment via le port d’Assab, situé sur le territoire érythréen.
Le président érythréen, Issaias Afwerki, est monté au créneau pour mettre en garde Addis-Abeba contre toute velléité militaire. Selon lui, l’Éthiopie aurait des projets « naïfs » et « dangereux » qui pourraient déstabiliser toute la région de la Corne de l’Afrique. Il accuse ouvertement le gouvernement éthiopien de vouloir provoquer un conflit armé sous prétexte de sécuriser un accès à la mer.
Pour rappel, depuis la sécession de l’Érythrée en 1993, l’Éthiopie est un pays enclavé. Malgré l’accord de paix signé entre les deux pays en 2018 après des décennies de tensions, la méfiance reste palpable. Les récents événements dans le Tigré, où les Érythréens ont été militairement engagés aux côtés du gouvernement fédéral éthiopien, ont ravivé les soupçons et les tensions.
De son côté, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a affirmé à plusieurs reprises que son pays avait un « besoin vital » d’avoir accès à la mer. Mais il a aussi assuré privilégier la voie diplomatique.
Pendant ce temps, plusieurs analystes et responsables politiques de la région s’inquiètent d’un possible retour à un conflit armé. Des mouvements de troupes auraient déjà été signalés de part et d’autre de la frontière.
