Une mesure punitive décidée par Donald Trump pour sanctionner les achats de pétrole russe par l’Inde inquiète déjà les exportateurs et menace la croissance du pays.
Les États-Unis ont doublé, mercredi 27 août, leur surtaxe douanière sur les produits indiens importés, la faisant passer de 25 % à 50 %. La décision, annoncée début août par le président américain Donald Trump, vise à sanctionner New Delhi pour ses achats massifs de pétrole russe, alors que Moscou refuse toujours un cessez-le-feu en Ukraine.
L’Inde, client majeur du pétrole russe
Après la Chine, l’Inde est le deuxième plus gros acheteur de pétrole russe. En 2024, 36 % des importations indiennes de brut provenaient de Moscou, contre seulement 2 % avant le déclenchement de la guerre en 2022, selon les chiffres du ministère indien du Commerce.
New Delhi justifie ce choix par pragmatisme : la production des pays du Golfe étant absorbée en priorité par l’Europe, l’Inde a dû diversifier ses sources d’approvisionnement.

Un impact limité mais ciblé
La surtaxe américaine ne concerne pas tous les produits, ce qui en réduit la portée immédiate. Les iPhone, dont une partie de la production se fait désormais en Inde, échappent à cette mesure. En revanche, d’autres droits de douane sectoriels pourraient grimper jusqu’à 100 %, notamment dans les semi-conducteurs et l’électronique.
Les exportateurs indiens redoutent déjà une baisse des commandes, des délocalisations et des suppressions d’emplois. Les États-Unis représentent en effet le premier marché pour l’Inde, avec plus de 87 milliards de dollars d’exportations annuelles.
La Fédération des organisations indiennes exportatrices (FIEO) a averti que « l’activité des fabricants de textile et du secteur des produits de la mer » était déjà fragilisée et a exhorté les autorités à réagir.
Une négociation commerciale difficile
Depuis février, l’Inde et les États-Unis discutent d’un accord commercial, mais les pourparlers avancent lentement. Donald Trump lui-même a concédé que New Delhi s’avérait être une « négociatrice beaucoup plus coriace » que prévu, notamment sur l’accès au marché agricole

