Depuis trois décennies, la dette publique française n’a cessé de progresser, conséquence de déficits budgétaires répétés et de crises successives. De Jacques Chirac à Emmanuel Macron, elle est passée de 55,5 % du PIB à près de 114 % aujourd’hui, soit une multiplication par cinq en valeur. Mais chaque président a dû composer avec une conjoncture différente, plus ou moins favorable.
Sous Jacques Chirac (1995-2007), la dette grimpe de 55,5 % à 64,1 % du PIB, passant de 663,5 à 1 211,4 milliards d’euros. La hausse s’explique surtout par des taux d’intérêt élevés, atteignant 6 %, qui alourdissent mécaniquement le poids des remboursements alors que la croissance reste modérée.
Avec Nicolas Sarkozy (2007-2012), la situation s’aggrave brutalement. La crise financière de 2008 contraint l’État à injecter massivement des fonds pour soutenir l’économie et éviter un effondrement bancaire. Résultat : la dette bondit à 90,2 % du PIB, soit 1 833,8 milliards d’euros.
Sous François Hollande (2012-2017), les taux d’intérêt chutent, parfois sous la barre des 2 %, allégeant le coût de la dette. Mais les déficits budgétaires persistants empêchent toute stabilisation. La dette atteint alors 98,4 % du PIB, soit 2 258,7 milliards d’euros.
Enfin, sous Emmanuel Macron (depuis 2017), la dette culmine à 113,9 % du PIB, soit 3 345,4 milliards d’euros. Si la crise sanitaire et la crise énergétique ont entraîné des dépenses exceptionnelles, la conjoncture de taux historiquement bas, tombés en 2020 à moins de 1 %, a limité l’aggravation. Sans cette situation favorable, la progression aurait été bien plus marquée.
Ainsi, l’évolution de la dette publique dépend autant des choix politiques que des aléas économiques et financiers. Les contextes de croissance et de taux d’intérêt ont souvent déterminé, plus que les réformes elles-mêmes, la trajectoire budgétaire de la France.
