Chine : le Parti communiste en quête d’un nouveau cap économique face au ralentissement et aux tensions commerciales

Le Parti communiste chinois (PCC) a entamé, ce lundi 20 octobre, une session plénière cruciale à Pékin. Pendant quatre jours, les quelque 200 membres titulaires et 170 suppléants du Comité central plancheront sur les grandes orientations économiques du pays, alors que la croissance marque le pas et que la crise immobilière pèse lourdement sur l’économie nationale.
Ce plénum, organisé à huis clos au monumental Palais du peuple, doit jeter les bases du 15ᵉ plan quinquennal (2026-2030), dans la droite ligne d’une tradition héritée de l’ère maoïste, mais adaptée aux défis contemporains du « capitalisme d’État » chinois.

Un rendez-vous stratégique dans un contexte de turbulences

Cette session intervient dans un climat économique tendu. Pékin fait face à une conjoncture mondiale marquée par la montée des droits de douane, la guerre commerciale avec les États-Unis et la récente décision de renforcer les contrôles sur les exportations de terres rares.
Selon Jérôme Doyon, chercheur au Centre de recherches internationales (CERI), cette orientation vise à « montrer que la Chine ne se laissera pas intimider » et à renforcer ses capacités de résistance face aux pressions extérieures.

Sur le plan intérieur, le ralentissement est manifeste. La consommation reste faible, les investissements en capital fixe chutent (-13,9% sur un an au troisième trimestre), et le PIB n’a progressé que de 4,8% sur la période juillet-septembre — son rythme le plus bas depuis un an.
Julian Evans-Pritchard, analyste chez Capital Economics, estime que « l’économie chinoise risque de ralentir davantage à moyen terme si les autorités ne prennent pas de mesures fortes pour relancer la consommation ».

Vers un rééquilibrage du modèle économique ?

Depuis plusieurs années, de nombreux économistes appellent à une transition vers un modèle de croissance plus centré sur la demande intérieure, plutôt que sur les exportations et les grands projets d’infrastructures. La baisse continue des prix à la consommation illustre la fragilité de la demande des ménages, restée en deçà du niveau d’avant la pandémie.

Autre enjeu majeur évoqué par les analystes : la surcapacité industrielle, qui alimente les tensions commerciales avec les partenaires étrangers.
Pour Sarah Tan, économiste chez Moody’s Analytics, « le véritable test sera de voir si les autorités chinoises peuvent dépasser les discours pour adopter des mesures concrètes, capables de relancer la confiance des ménages et la consommation intérieure ».

Une économie sous observation mondiale

Alors que la Chine demeure la deuxième puissance économique mondiale, les décisions prises à l’issue de ce plénum seront scrutées de près par les marchés internationaux. Elles détermineront non seulement la trajectoire de l’économie chinoise pour les cinq prochaines années, mais aussi l’équilibre global d’un monde déjà secoué par les incertitudes économiques et géopolitiques.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site vous propose des informations fiables, produites par une équipe de rédacteurs engagés au quotidien.

Vous avez été inscrit avec succès ! Oups ! Un problème est survenu, veuillez réessayer.

Contact

contact@infos229.com

Calavi Carrefour Tankpè, Atlantique - Bénin

Copyright © 2025 Infos 229