Le président de la Sierra Leone, Julius Maada Bio, a marqué l’histoire récente de la CEDEAO en devenant le premier dirigeant du bloc ouest-africain à se rendre dans un pays membre de l’Alliance des États du Sahel. En visite officielle mardi à Ouagadougou, il a rencontré le chef de la transition burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, au palais présidentiel de Koulouba.
À la tête de la CEDEAO depuis juin, Julius Maada Bio a affirmé sa volonté de renforcer les liens entre l’organisation régionale et l’alliance sahélienne. Lors de cette rencontre d’une journée, il a assuré vouloir œuvrer pour que « la paix revienne au Burkina Faso », tout en exprimant sa solidarité avec le peuple burkinabè.
Dans un message vidéo relayé sur ses réseaux sociaux, le président sierra-léonais a rappelé que la sous-région partageait des défis communs, notamment en matière de sécurité et de stabilité. « Je suis ici pour dire au peuple du Burkina Faso qu’il n’est pas seul et que nous travaillerons ensemble », a-t-il déclaré.
Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont officiellement quitté la CEDEAO en janvier dernier, actant une rupture sans précédent avec l’organisation régionale. Leur retrait a donné naissance à l’Alliance des États du Sahel (AES), un bloc qui cherche à renforcer sa coopération sécuritaire et diplomatique en marge de la CEDEAO.
Selon les médias d’État burkinabè, les discussions ont porté sur la sécurité régionale et les relations internationales. Pour certains analystes, cette visite illustre une reconnaissance progressive de l’alliance sahélienne par la CEDEAO, longtemps restée intransigeante sur le retour des régimes militaires dans l’organisation.
Dans un message de remerciement adressé à Ibrahim Traoré, Julius Maada Bio a souligné que la CEDEAO restait déterminée à défendre la paix, la sécurité et la prospérité économique dans la région. Il a exprimé son souhait de voir cette collaboration se poursuivre avec « nos frères du Burkina Faso », en dépit des fractures politiques récentes.
