RDC : Une nouvelle flambée d’Ebola fait 15 victimes dans la province du Kasaï

La République démocratique du Congo fait face à sa seizième épidémie d’Ebola depuis la découverte du virus sur son territoire. Les autorités sanitaires tirent la sonnette d’alarme face à cette nouvelle crise sanitaire qui frappe le centre du pays. 28 cas suspects recensés depuis fin août Le ministre congolais de la Santé, Samuel Roger Kamba Mulamba, a officiellement déclaré cette nouvelle épidémie lors d’une conférence de presse tenue jeudi 4 septembre à Kinshasa. Selon le bilan provisoire, 28 cas suspects ont été enregistrés dans la province du Kasaï, avec un taux de mortalité actuellement estimé à 53,6%. Le premier cas identifié remonte au 20 août dernier : une femme enceinte de 34 ans admise dans un établissement hospitalier local. Depuis cette date, l’épidémie s’est progressivement étendue, causant la mort de 15 personnes en moins de trois semaines. Cette tragédie rappelle la vulnérabilité persistante de la région face au virus Ebola, malgré les avancées médicales récentes. Pour contextualiser, le précédent épisode épidémique en RDC, survenu il y a trois ans, avait fait six victimes. L’OMS mobilise ses experts sur le terrain L’Organisation mondiale de la santé a immédiatement réagi en déployant une équipe d’experts pour épauler les autorités congolaises. Le docteur Mohamed Janabi, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, a déclaré : « Nous agissons avec détermination pour arrêter rapidement la propagation du virus et protéger les communautés. » Cependant, les responsables sanitaires restent prudents quant à l’évolution de la situation. L’OMS anticipe une augmentation du nombre de cas dans les prochains jours, nécessitant une surveillance renforcée et une réponse coordonnée. Des moyens de lutte disponibles mais des défis logistiques Contrairement aux précédentes épidémies, la RDC dispose aujourd’hui d’outils pour combattre cette maladie mortelle. Le pays possède un stock de traitements spécifiques ainsi que 2000 doses de vaccins « prépositionnées à Kinshasa » qui doivent être acheminées vers la zone affectée. La bonne nouvelle réside dans l’identification de la souche responsable : il s’agit de la souche Zaïre, contre laquelle un vaccin efficace existe. « Heureusement, nous avons un vaccin pour cette souche Zaïre, mais, pour le déployer, nous devons nous assurer de la logistique », souligne le ministre Kamba. Cette problématique logistique constitue un défi majeur pour la RDC. Le pays, dont la superficie équivaut à quatre fois celle de la France, souffre d’infrastructures défaillantes avec des voies de communication limitées et souvent en mauvais état. Un fléau historique qui perdure L’Ebola n’est pas un phénomène nouveau pour la RDC. Le virus a été identifié pour la première fois en 1976 au Zaïre, ancien nom du pays. Depuis lors, il a causé la mort de 15 000 personnes en Afrique au cours des cinquante dernières années. La maladie présente six souches distinctes, dont trois (Bundibugyo, Soudan et Zaïre) ont déjà provoqué de grandes épidémies. L’épidémie la plus meurtrière qu’ait connue ce pays de plus de 100 millions d’habitants s’était déclarée entre 2018 et 2020, causant près de 2300 décès pour 3500 malades. Les taux de mortalité d’Ebola varient considérablement selon les épidémies, oscillant entre 25% et 90% selon l’OMS, en fonction de la rapidité de la prise en charge et des moyens disponibles. Mode de transmission et symptômes Il est crucial de rappeler les caractéristiques de cette fièvre hémorragique virale pour sensibiliser les populations. La transmission humaine d’Ebola s’effectue exclusivement par contact avec les fluides corporels d’une personne infectée. Les symptômes principaux incluent des fièvres élevées, des vomissements, des saignements et des diarrhées. Un élément rassurant : les personnes infectées ne deviennent contagieuses qu’après l’apparition des symptômes, après une période d’incubation de deux à vingt et un jours. Contrairement à la grippe ou au Covid-19, Ebola ne se transmet pas par voie aérienne, ce qui limite sa contagiosité et facilite le contrôle épidémiologique lorsque les mesures appropriées sont mises en place rapidement. Cette nouvelle épidémie constitue un test pour la capacité de réaction des autorités sanitaires congolaises et internationales, dans un contexte où les outils de lutte existent mais où les défis logistiques demeurent considérables.

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