Les débats budgétaires reprennent ce lundi 27 octobre en France, et la question de la taxation des patrimoines promet d’être l’un des temps forts de la semaine. Après la taxation des entreprises, les discussions se tourneront mardi ou mercredi vers les grandes fortunes. La gauche espère profiter de ce moment pour relancer la célèbre taxe Zucman — du nom de l’économiste Gabriel Zucman — mais sous une forme allégée.
Face au refus persistant du camp présidentiel, le Parti socialiste a revu sa copie. La taxe Zucman, qui prévoyait initialement un prélèvement de 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, est désormais proposée dans une version dite « light ». Celle-ci exclut notamment les entreprises familiales et innovantes, jusque-là concernées par le dispositif.
Selon les estimations avancées par les socialistes, cette version révisée pourrait rapporter entre 5 et 7 milliards d’euros par an. Reste à savoir si cela suffira à convaincre la majorité présidentielle. Interrogée, la ministre déléguée aux Comptes publics, Amélie de Montchalin, préfère renvoyer au débat parlementaire prévu cette semaine, via l’article 3 du projet de loi de finances.
Mais certains élus du centre, alliés du gouvernement, affichent déjà leur opposition. « Nous ne pourrons pas accepter ce mécanisme, car il continue d’imposer les biens professionnels », confie une députée du MoDem.
La proposition crée aussi des remous à gauche. Plusieurs responsables craignent qu’une version trop affaiblie n’en vienne à vider la taxe de son sens. « À force de multiplier les exemptions, on risque de laisser la porte ouverte à des contournements pour les plus grandes fortunes, entourées d’équipes juridiques puissantes », estime une cadre écologiste.
Les députés de La France insoumise, eux, ne cachent pas leur scepticisme. Non sans ironie, ils parlent d’une « taxe Zucman homéopathique », accusant le Parti socialiste de renoncer à l’ambition initiale du projet.
