Côte d’Ivoire : Blé Goudé et Simone Gbagbo ripostent aux propos de Robert Bourgi

La scène politique ivoirienne s’est enflammée à la suite des déclarations de l’avocat franco-libanais Robert Bourgi. Dans une émission diffusée le 12 septembre 2025, figure historique de la « Françafrique », il appelait Simone Gbagbo à renoncer à sa candidature à la présidentielle prévue le 25 octobre. Ce retrait, selon lui, aurait constitué une réponse symbolique à l’invalidation de Laurent Gbagbo, Pascal Affi Nguessan et Tidiane Thiam par le Conseil constitutionnel. Ses propos ont aussitôt provoqué une vague de réactions, notamment de la part de Charles Blé Goudé et de l’ancienne Première dame.

Robert Bourgi, estimant que Simone Gbagbo avait cautionné la décision de l’institution, l’a exhortée à retrouver son rôle de « combattante de la liberté » en se rangeant du côté des exclus. Il a insisté sur la nécessité pour elle de redevenir « l’icône de la jeunesse et des femmes », en solidarité avec son ancien époux et ses alliés politiques. Une injonction qui a suscité une réplique ferme.

Charles Blé Goudé, président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP), a pris la parole dans une vidéo publiée le 18 septembre sur Facebook. Soutien affiché de Simone Gbagbo, il a dénoncé une posture de « moralisateur » venant d’une personnalité étrangère, qu’il accuse d’ingérence dans le jeu politique ivoirien. « Le temps où l’on influençait les élections ivoiriennes depuis Paris est révolu », a-t-il déclaré, affirmant que la souveraineté du pays ne pouvait plus être remise en cause. Selon lui, Robert Bourgi minimise les traumatismes encore vifs liés aux violences électorales, qui avaient fait plus de 3 000 morts en 2010.

Dans son intervention, Blé Goudé a invité l’avocat à « respecter la douleur et la vie des Ivoiriens », tout en rappelant que la société ivoirienne était encore en pleine reconstruction. Il a souligné que toute tentative d’ingérence risquait de raviver les tensions, dans un contexte électoral particulièrement sensible.

Avant lui, Simone Gbagbo avait elle-même répondu avec virulence. L’ex-Première dame a qualifié les propos de Robert Bourgi de « culottés » et « gonflés », rappelant son rôle controversé lors de la crise postélectorale de 2010. Elle l’a accusé d’avoir soutenu les autorités françaises dans leur action militaire contre le régime de Laurent Gbagbo. « Aujourd’hui, il vient me dire de retirer ma candidature ? Je le trouve bien gonflé », a-t-elle martelé.

Cette double réplique illustre la crispation croissante autour de la présidentielle ivoirienne. À un mois du scrutin, les alliances, les exclusions et les rivalités continuent de nourrir un climat politique tendu, marqué par le souvenir des violences passées et par la méfiance envers toute intervention extérieure.

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