Porto‑Novo, 17 juillet 2025 – Le groupe Les Démocrates, principal bloc d’opposition à l’Assemblée nationale du Bénin, a lancé une critique virulente contre la présidence de Louis Gbèhounou Vlavonou, estimant que le parlement n’exerce plus son rôle de contre-pouvoir.
▪️ Une session sans interpellation gouvernementale
Selon le groupe, la session ordinaire allant d’avril à juillet 2025 a été totalement dépourvue d’interpellations – or les jeudis avaient été initialement réservés à cette fin dès le début de la législature. À peine onze questions orales de députés de l’opposition ont été programmées depuis le début de la législature, déplorent-ils.
« Comment permettre l’Assemblée de jouer son rôle de contrôle si aucune interpellation du gouvernement n’a lieu ? », s’interrogent-ils.
▪️ Une Assemblée passive selon l’opposition
Les députés dénoncent une gouvernance qui transforme le Parlement en simple « appendice de l’exécutif », plutôt qu’en institution de contre-pouvoir. Edwige Tossa, porte-parole, a souligné l’absence totale d’interpellations durant la dernière session, malgré les engagements pris en début de mandature.
▪️ Réponse du camp présidentiel
Début 2024, Vitali Boton, porte-parole de la présidence de l’Assemblée, avait souligné que les séances plénières ne sont convoquées que lorsque des dossiers complets sont disponibles, estimant que « la qualité prime sur la quantité » . Il a également défendu l’informatisation et la modernisation en cours de l’institution .
▪️ Des interpellations rares et réglementées
Le rapport officiel du 5ᵉ rapport d’activités (1ᵉʳ octobre 2024 – 31 mars 2025) indique que seulement quatre questions orales ont été organisées, trois avec débat et une sans débat, sur des dossiers tels que la transhumance, les taxes aériennes et la concession des forêts .
▪️ Enjeu démocratique
Pour Les Démocrates, l’absence d’interpellations est un signe de dérive institutionnelle : elle empêche le Parlement de remplir sa mission constitutionnelle de surveillance du gouvernement. Selon eux, cet état de fait affaiblit la démocratie et favorise une dérive autoritaire du pouvoir exécutif.
Pourquoi ce débat est important :
- Il interroge la séparation et l’équilibre des pouvoirs au Bénin en période préélectorale (2026).
- Il met en lumière l’architecture institutionnelle de la 9ᵉ législature, où la majorité présidentielle domine largement le Parlement (81 sièges contre 28 à l’opposition) .
- Il suscite un débat sur l’efficacité institutionnelle et l’espace donné aux minorités parlementaires dans un contexte politique tendu.
