Gouvernance en Afrique de l’Ouest : le Bénin progresse, le Niger s’enfonce

Le contraste est saisissant. D’un côté, le Bénin poursuit une trajectoire économique saluée par les observateurs, portée par les réformes du président Patrice Talon. De l’autre, le Niger, dirigé depuis le coup d’État de juillet 2023 par le général Abdourahamane Tiani, fait face à une paralysie budgétaire qui alimente la colère sociale.

À Niamey, les tensions montent depuis que les agents de la fonction publique n’ont pas perçu leurs salaires de mai et juin. Le 14 juillet 2025, la Confédération Démocratique des Travailleurs du Niger a dénoncé une situation « intolérable » dans un contexte de forte inflation. L’organisation syndicale exige le paiement immédiat des arriérés et menace d’une mobilisation nationale si la crise persiste.

La cessation de paiement de l’État nigérien traduit une réalité plus profonde : un appareil étatique affaibli par une gestion budgétaire centrée sur la sécurité, mais déconnectée des urgences économiques. Les sanctions régionales consécutives au coup d’État, combinées à la chute des investissements et à la défiance des bailleurs, ont vidé les caisses de l’État. Dans la rue, les manifestations se multiplient. De plus en plus de voix s’élèvent pour exiger la fin de ce régime militaire et de ses discours souverainistes déconnectés des réalités.

Au même moment, à Cotonou, le chef de l’État béninois défend une tout autre vision. Vendredi dernier, face à un parterre de chefs d’entreprise, Patrice Talon a martelé : « Le développement n’est pas compliqué quand la gouvernance est saine. » Une déclaration qui résume la ligne directrice de son mandat entamé en 2016, basé sur la rigueur budgétaire, la lutte contre la corruption, la réforme de l’administration et la modernisation des infrastructures.

Dans les marchés de Cotonou, de Porto-Novo ou de Parakou, les commerçantes témoignent de cette transformation. Accès facilité au crédit, sécurité renforcée, réduction des charges informelles : les retombées sont concrètes. « Avant, je travaillais pour survivre, aujourd’hui je travaille pour grandir », témoigne une vendeuse de tissus à Dantokpa.

Lors du dernier sommet économique régional, Patrice Talon a plaidé pour une rupture avec les modèles de gouvernance autoritaire et improductive : « L’Afrique ne progressera qu’en se libérant des systèmes prédateurs. »

Cette déclaration, perçue comme une critique indirecte des régimes issus de putschs, prend une résonance particulière au regard de la situation au Niger. Alors que Niamey étouffe sous l’effet cumulé des sanctions, de l’insécurité persistante et d’un appareil économique sinistré, Cotonou se positionne comme un exemple de stabilité et de croissance maîtrisée.

Deux trajectoires opposées, deux philosophies de gouvernance. Le Bénin, fort de ses institutions et de ses réformes, attire les investissements et inspire confiance. Le Niger, plongé dans une impasse institutionnelle et économique, voit grandir une contestation populaire nourrie par la précarité et l’épuisement.

La crise nigérienne pose à nouveau la question de la légitimité des régimes militaires en Afrique. Et rappelle que, plus qu’un slogan politique, le développement est d’abord une affaire de volonté, de vision et de gestion rigoureuse.

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