Avoirs russes gelés : l’UE avance avec prudence, Zelensky salue « un pas positif »

Les dirigeants européens ont fait, jeudi 23 octobre, un premier pas prudent vers l’utilisation des avoirs russes gelés pour financer l’Ukraine. Réunis à Bruxelles, ils ont demandé à la Commission européenne d’examiner les moyens de soutenir Kiev sur les deux prochaines années, tout en laissant la porte ouverte à la mise en place d’un emprunt basé sur ces fonds immobilisés depuis le début de la guerre.

Une formulation volontairement floue, conçue pour ménager la Belgique, pays où se trouvent la majeure partie de ces avoirs — et qui exprime de fortes réserves sur leur utilisation.

Présent à Bruxelles, le président ukrainien Volodymyr Zelensky attendait beaucoup de ce sommet. À l’issue des discussions, il a salué sur X « de bons résultats », estimant que l’Ukraine avait obtenu un soutien politique sur la question des avoirs russes gelés, même si l’accord final reste ambigu.

La Belgique en première ligne

Le Premier ministre belge Bart De Wever a exprimé de vives inquiétudes. Pour lui, toucher directement à ces fonds ou en confisquer une partie constituerait un précédent dangereux :

« Même pendant la Seconde Guerre mondiale, cela ne s’est pas produit. L’argent immobilisé est intouchable, comme une ambassade », a-t-il averti.

La Belgique redoute notamment des représailles économiques de Moscou et une atteinte à la réputation de sa place financière. Elle exige donc des garanties juridiques solides et une solidarité ferme entre les 26 autres États membres, car si une compensation devait être versée à la Russie, le coût pourrait s’élever à l’équivalent d’une année entière de budget fédéral.

Kiev réclame un soutien direct à l’effort de guerre

Volodymyr Zelensky a répété sa position : l’Ukraine veut orienter cet argent vers la production militaire, en particulier les missiles longue portée, drones et systèmes électroniques :

« Nous devons utiliser tout type d’argent russe pour renforcer notre production militaire. C’est moins cher, plus rapide et indispensable à notre défense. »

Le président ukrainien a également multiplié les rencontres bilatérales avec les dirigeants européens, cherchant à maintenir un soutien militaire et financier constant.

Un accord reporté à décembre

La question reviendra lors du prochain sommet européen en décembre. D’ici là, la Commission doit proposer des mécanismes précis susceptibles de rallier l’ensemble des États membres.

L’Europe avance donc, mais pas sans hésitation — entre soutien à Kiev, prudence diplomatique et calculs économiques.

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