Au cours des dix dernières années, le Canada est devenu l’une des destinations les plus prisées par les Algériens. Études, projets d’installation ou séjours temporaires : les demandes de visas se sont multipliées, portées par l’espoir d’une stabilité économique et sociale jugée plus solide qu’au pays. Face à cet engouement, de nombreux candidats se tournent vers des agences de voyages ou des intermédiaires censés faciliter leurs démarches. Mais ce marché attire aussi des abus, comme le révèle un récent dossier examiné par la justice algérienne.
Une employée d’une agence de voyages a été reconnue coupable d’avoir trompé plusieurs citoyens en leur promettant des visas, notamment pour le Canada. Selon les témoignages recueillis, elle réclamait des sommes allant de 120 000 à 170 000 dinars à ses victimes, sans délivrer aucun document officiel. Le stratagème a pris fin lorsque les clients, réalisant qu’ils n’obtiendraient ni visa ni remboursement, ont porté plainte. Le tribunal a condamné la prévenue à un an de prison avec sursis et à une amende de 50 000 dinars. Cette affaire illustre la méthode employée : tirer profit de la réputation d’une agence pour inspirer confiance et exploiter le rêve d’émigration vers un pays de plus en plus convoité.
Ce type de fraude n’est pas isolé. À mesure que les démarches pour obtenir un visa se complexifient, certains profitent de la détresse et de l’impatience des demandeurs. L’affaire met en lumière les risques encourus par des familles prêtes à investir toutes leurs économies pour partir. Elle rappelle aussi la nécessité de rester vigilant et de privilégier les voies officielles, même si elles paraissent longues et coûteuses. Derrière les promesses de raccourcis administratifs, se cachent souvent des pièges qui transforment les rêves d’avenir en désillusions amères.
