Au Bénin, la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a rendu son verdict dans une affaire de trafic international de drogue qui avait pris une tournure inattendue pour une jeune femme. Celle-ci s’était retrouvée impliquée malgré elle, après avoir accepté d’aider à transporter une valise censée contenir des produits tropicaux vers la France.
À l’aéroport de Cotonou, elle avait embarqué la valise en son nom. Mais à son arrivée en France, les contrôles douaniers ont révélé la présence de drogue. Interpellée et poursuivie par la justice française, elle a été condamnée à payer plusieurs milliers d’euros d’amende, en plus de voir ses projets compromis. Informée que le réseau de trafiquants était poursuivi au Bénin, elle s’est constituée partie civile et a réclamé 500 millions de francs CFA de dommages-intérêts pour les préjudices subis.
Le 14 août 2025, la CRIET a condamné le principal prévenu à lui verser 153,4 millions de francs CFA. L’homme, présenté comme exportateur de produits tropicaux, utilisait cette couverture pour convoyer de la drogue vers l’Europe. Lors de perquisitions, 18,45 kg de cocaïne, 16 millions de francs CFA et 80 000 euros avaient été saisis à son domicile. Il a reconnu travailler avec un Nigérian et confier des valises à des femmes qui, pour la plupart, ignoraient leur contenu.
Reconnus coupables de « trafic de drogue à haut risque » et de « blanchiment de capitaux », il a écopé de 14 ans de prison ferme, de 100 millions de francs CFA d’amende et de la confiscation de ses biens, à l’exception de la maison familiale. Ses complices, parmi lesquels un policier et un militaire, ont également été condamnés à des peines allant de 12 mois à 5 ans de prison, assorties d’amendes. D’autres ont été relaxés, certains au bénéfice du doute.
Cette décision illustre la volonté des autorités judiciaires de sanctionner sévèrement le trafic de drogue tout en réparant les torts causés aux victimes collatérales de ces réseaux criminels.
