Deux jours après l’annonce du retrait de l’Alliance des États du Sahel (AES) de la Cour pénale internationale (CPI), la décision suscite une vague de soutien parmi les citoyens de la région. Beaucoup y voient une étape décisive vers l’affirmation de leur souveraineté et la consolidation d’une indépendance assumée face aux institutions internationales.
« C’est une bonne décision si nous voulons poursuivre dans la logique de notre indépendance totale. Il était temps que nous quittions cette Cour, qui semble conçue uniquement pour juger les dirigeants africains et non ceux du reste du monde », estime Emmanuel Kafando, habitant de Ouagadougou.
À Niamey, Lionel Dolomweogo partage cet avis. Selon lui, le retrait incarne la souveraineté en action : « J’ai accueilli la nouvelle avec beaucoup de satisfaction, parce que nous sommes souverains et que tout État doit pouvoir prendre ses responsabilités dans tous les domaines, y compris la justice sociale et économique. »
Cette décision est présentée par les autorités comme une affirmation de l’indépendance judiciaire. Elle s’inscrit dans la continuité de la réunion des ministres de la Justice de l’AES, en mai dernier, qui avait recommandé la création d’une Cour sahélienne de justice et des droits de l’homme. Dans un communiqué commun, les gouvernements ont accusé la CPI d’être « un instrument de répression néocoloniale aux mains de l’impérialisme », dénonçant une justice internationale « sélective et inégalitaire ».
À Bamako, Niamey comme à Ouagadougou, de nombreux habitants voient dans ce retrait une réaffirmation de la souveraineté face aux ingérences extérieures. Mais les analystes internationaux avertissent : cette sortie pourrait réduire les perspectives de poursuite judiciaire pour les crimes les plus graves, tels que les crimes de guerre, les génocides ou les crimes contre l’humanité.
Entre adhésion populaire et inquiétudes extérieures, cette décision marque un tournant pour le Sahel, engagé dans une redéfinition de ses relations avec les institutions internationales.
