La justice sud-africaine a prononcé de lourdes peines dans une affaire de trafic de méthamphétamine impliquant un ressortissant nigérian et une femme sud-africaine. Le tribunal régional d’Oudtshoorn a reconnu les deux prévenus coupables de transport et de distribution de drogue, à l’issue d’une enquête ayant révélé une coordination établie en ligne.
Un réseau né sur les réseaux sociaux
Selon les éléments présentés au procès, Udoh, 33 ans, et Vuyisekha Miranda Mzwakhe avaient entamé leur collaboration à la suite d’un contact noué sur les réseaux sociaux. Mzwakhe s’était proposée pour transporter divers colis à travers plusieurs provinces sud-africaines, se limitant à des déplacements internes. Les conversations retrouvées par les enquêteurs ont démontré qu’elle était consciente de la nature sensible du colis transporté, contrairement à ses déclarations initiales.
Le duo aurait séjourné dans un établissement d’hébergement à George, où un colis avait été réservé par téléphone avant leur arrivée. Leur trajet ultérieur en taxi vers Oudtshoorn a été interrompu à la suite d’un signalement pour comportement suspect.
Une intervention policière décisive
Lors d’un contrôle routier, les forces de l’ordre ont découvert sur les genoux de Mzwakhe une boîte contenant 743 grammes de méthamphétamine, dont la valeur est estimée à plus de 260 000 rands. Udoh transportait, pour sa part, les effets personnels de sa complice, notamment ses documents d’identité.
Face au tribunal, chacun des deux accusés a tenté de rejeter la responsabilité sur l’autre. Leurs arguments ont toutefois été invalidés par les preuves numériques, dont leurs échanges sur les réseaux sociaux. Les autorités ont également rappelé que Udoh résidait sur le territoire sud-africain malgré l’expiration de son visa, sa demande d’asile ayant été rejetée en 2016.
Un contexte de vigilance accrue contre le trafic de drogue
Cette condamnation intervient dans un contexte de renforcement de la lutte contre le trafic de substances illicites en Afrique du Sud. Les autorités observent depuis plusieurs années une progression du transport de drogues via les axes routiers, les taxis interurbains et les services de livraison. La coopération entre services de police, laboratoires d’analyse et parquet national a permis de cibler plus efficacement les réseaux transprovinciaux.
Dans cette affaire, le signalement préalable ayant conduit au contrôle du taxi a été déterminant pour retracer le parcours des deux mis en cause et établir l’existence d’une entente en vue du transport de méthamphétamine.
Des peines exemplaires
Au terme du procès, Mzwakhe a été condamnée à 15 ans de prison pour trafic de drogue. Udoh a écopé de 20 ans pour les mêmes faits, auxquels s’ajoutent 2 années supplémentaires pour infraction à la législation sur l’immigration, portant la durée totale des peines cumulées à 37 ans.
Cette décision illustre la fermeté des autorités sud-africaines dans leur lutte contre la circulation de stupéfiants entre les différentes régions du pays.
