L’ouragan Melissa, le plus violent à frapper la Jamaïque depuis près d’un siècle, a laissé derrière lui un paysage de ruines et de désolation. Selon un bilan provisoire, au moins 26 personnes ont perdu la vie dans les Caraïbes, dont 20 en Haïti, trois en Jamaïque et trois au Panama. Désormais, la tempête se dirige vers les Bahamas, où une alerte maximale a été déclenchée.
Une Jamaïque dévastée
Classé en catégorie 5 sur l’échelle de Saffir-Simpson, Melissa a touché terre mardi en Jamaïque avec des vents atteignant 300 km/h, causant des destructions massives.
Routes éventrées, hôpitaux inondés, toitures arrachées, coupures d’électricité… le pays est durement frappé.
« Des gens sont dans des abris à travers le pays, et nos premières évaluations montrent une dévastation sans précédent », a déclaré Dennis Zulu, coordinateur de l’ONU pour les Caraïbes.
Le Premier ministre jamaïcain Andrew Holness a appelé ses compatriotes à la résilience :
« Restez forts. Nous reconstruirons, nous nous relèverons. »
Dans la région de Montego Bay, un hôpital a été ravagé par les vents, tandis qu’à Seaford Town, de nombreux bâtiments ont été entièrement détruits. Plus de 25 000 personnes ont trouvé refuge dans des abris d’urgence.
Cuba et Haïti sous les eaux
À Cuba, où l’ouragan a provoqué d’importantes inondations, les habitants tentent de nettoyer les rues jonchées de débris.
« Ma maison n’a plus de murs ni de toit. Je n’ai plus rien », témoigne Elsa Listy Isacc Reyes, une habitante de Santiago de Cuba, qui a tout perdu dans la tempête.
Le président Miguel Díaz-Canel a reconnu des « dégâts considérables » mais aucun mort n’a été signalé sur l’île.
En Haïti, les pluies diluviennes ont entraîné la crue de la rivière La Digue, emportant plusieurs maisons dans la commune de Petit-Goâve.
Selon la Protection civile, 20 personnes sont mortes et 10 autres sont portées disparues, dont plusieurs enfants.
Cap sur les Bahamas
Melissa se déplace désormais vers les Bahamas, accompagnée de vents de 155 km/h et de pluies torrentielles. Le Centre national des ouragans (NHC) américain avertit que la tempête pourrait encore se renforcer avant d’atteindre les Bermudes, jeudi soir.
« Les résidents doivent se mettre immédiatement à l’abri », a alerté le NHC.
Une catastrophe régionale
Cet ouragan, le plus puissant depuis 90 ans, souligne la vulnérabilité croissante des Caraïbes face aux phénomènes climatiques extrêmes, exacerbés par le réchauffement climatique.
Entre les destructions massives, les pertes humaines et les infrastructures effondrées, les pays touchés font face à un long chemin de reconstruction.
