Le parti d’opposition Les Démocrates ne désarme pas. À la suite de la publication de la liste provisoire des candidats retenus pour la présidentielle d’avril 2026, la formation politique dirigée par l’ancien président Boni Yayi annonce un nouveau recours devant la juridiction compétente.
Ce vendredi 24 octobre 2025, le parti a dénoncé la décision de la Commission électorale nationale autonome (CENA), qui n’a validé que deux duos sur les cinq candidatures reçues. Seuls les binômes Romuald Wadagni–Mariam Chabi Talata, soutenu par la mouvance présidentielle, et Paul Hounkpè–Rock Hounwanou, représentant la FCBE, ont été retenus.
Le duo présenté par Les Démocrates n’a pas été validé, une décision que le parti entend contester. Selon l’article 43 de la loi n°2024-13 du 15 mars 2024 modifiant le Code électoral, tout candidat dont la candidature est rejetée dispose de 48 heures pour former un recours, lequel doit être examiné dans un délai de cinq jours.
Les responsables du parti affirment vouloir exercer pleinement ce droit, leur dépôt de recours étant attendu entre ce vendredi 24 et le samedi 25 octobre 2025.
Cette annonce intervient quelques heures après une rencontre inédite entre Boni Yayi et Patrice Talon, tenue le même jour. Mais rien n’a filtré des échanges entre les deux hommes, laissant libre cours à toutes les spéculations politiques.
La tension autour du dossier des parrainages reste au cœur du différend. Le député Michel Sodjinou, initialement parrain du duo des Démocrates, a retiré son soutien, invoquant un processus de désignation interne “non démocratique”.
Saisi par l’élu, le tribunal de Cotonou a, le 13 octobre 2025, ordonné au parti et à son président de restituer la fiche de parrainage au parlementaire. Le juge a également autorisé la CENA à annuler la fiche si la décision n’était pas exécutée. Ce qu’elle a fait, avant de délivrer un nouveau formulaire à l’élu contestataire.
Ainsi, à quelques mois du scrutin présidentiel, Les Démocrates se retrouvent dans une situation délicate, oscillant entre bataille juridique et calculs politiques, tandis que le pays attend de savoir si leur duo pourra finalement entrer dans la course à la Marina.
