Sahel : le Jnim consolide son pouvoir grâce à l’économie illicite

Selon un rapport publié le 20 octobre par l’ONG Global Initiative, le groupe jihadiste Jnim, affilié à al-Qaïda, a renforcé depuis 2022 son emprise sur les économies locales du Sahel. En misant sur des activités illicites, il consolide à la fois son financement, son influence et sa légitimité auprès des populations des zones qu’il contrôle.

Un acteur clé du commerce illégal au Sahel

Le Jama’at Nusrat al-Islam wal Muslimeen (Jnim), principale coalition jihadiste opérant au Sahel, s’impose désormais comme un acteur économique central dans les zones qu’il domine.
Selon Global Initiative, le groupe tire profit d’un large éventail de trafics : carburant, motos, médicaments, bétail ou encore produits alimentaires.

Entre 60 et 70 % du territoire burkinabè et de vastes zones du Mali échappent encore au contrôle de l’État, ce qui offre au Jnim un terrain propice pour développer ses réseaux. Ces circuits illicites lui permettent de financer ses opérations, d’affirmer son autorité et de tisser des liens avec les communautés locales.

Le carburant, nouvelle arme stratégique

Au Mali, le groupe a accentué depuis septembre ses attaques dans l’ouest et le sud du pays, en imposant un blocus sur les produits pétroliers.
Résultat : une pénurie de carburant qui paralyse une partie du pays. Chaque convoi militaire escortant des camions-citernes jusqu’à Bamako devient un véritable défi.

Au Burkina Faso, des villes entières comme Arbinda, dans le nord, sont coupées du reste du pays depuis plusieurs mois. Les habitants y font face à une crise alimentaire aiguë.

« Les populations souffrent d’un manque de vivres et de produits de première nécessité », témoigne un habitant cité dans le rapport.

Les jihadistes contrôlent également plusieurs axes routiers transfrontaliers, notamment ceux du complexe W-Arly-Pendjari, zone stratégique reliant le Burkina Faso, le Niger et le Bénin. Ces routes servent à la fois de voies commerciales et de canaux de contrebande.

L’économie de guerre du Jnim

Le rapport de Global Initiative souligne que le Jnim a su bâtir une véritable économie de guerre.
Ses revenus issus des trafics lui permettent de réduire sa dépendance aux financements étrangers tout en structurant l’économie locale.

Dans certaines zones rurales, le groupe jihadiste impose des taxes, arbitre des litiges et se présente comme une autorité de substitution face à l’État absent.
Cette stratégie lui confère argent, influence et légitimité auprès de certaines populations.

L’or, moteur de la domination jihadiste

L’orpaillage artisanal constitue un autre pilier de cette économie illicite. Le Jnim aurait, selon l’ONG, “démocratisé l’accès aux ressources aurifères”, notamment au Burkina Faso, où certaines sociétés minières auraient négocié avec des groupes armés pour poursuivre leurs activités.

Ce contrôle sur les sites aurifères renforce l’autonomie financière du Jnim et consolide sa mainmise sur des territoires où l’État peine à exister.

Vers un contrôle territorial renforcé

En s’infiltrant dans les circuits économiques, le Jnim transforme sa présence militaire en pouvoir de gouvernance locale.
Ce glissement vers une forme de domination politico-économique complexifie la lutte antiterroriste et pose un défi majeur aux États sahéliens et à leurs partenaires régionaux.

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