Le président vénézuélien Nicolás Maduro a annoncé, samedi 18 octobre, que le plan de défense nationale face aux « menaces » des États-Unis était désormais achevé et pleinement opérationnel. Une déclaration faite à l’issue d’une série d’exercices militaires d’envergure menés dans les quatre grandes régions du pays, dans le cadre du programme baptisé « Indépendance 200 ».
« Aujourd’hui, nous avons complété toutes les zones de défense intégrale dans les 23 États du pays. Toutes les entités fédérales sont prêtes », a affirmé le chef de l’État depuis Caracas. Selon lui, ce dispositif repose sur une « union nationale parfaite » entre les forces armées, la police, la milice populaire et les citoyens patriotes.
Un message de résistance et de paix
Maduro a voulu donner à cette initiative une dimension symbolique : celle d’un peuple soudé face à la pression étrangère.
« Nous, Vénézuéliens et Vénézuéliennes qui aimons notre terre, cherchons à gagner par le chemin de la paix », a-t-il martelé, évoquant « une fusion populaire, militaire et policière ».
Depuis plusieurs semaines, le président et ses partisans insistent sur la nécessité de défendre la « souveraineté nationale » contre les États-Unis, accusés de vouloir renverser son gouvernement.
Une menace américaine toujours présente
Les propos du président surviennent alors que Washington a récemment renforcé sa présence militaire dans les Caraïbes, déployant sept navires de guerre dans la région et un autre dans le golfe du Mexique.
Officiellement, il s’agit d’une opération contre le narcotrafic, mais Caracas y voit une manœuvre géopolitique visant à déstabiliser le régime chaviste et à s’approprier les riches réserves pétrolières du pays.
Les frappes américaines, menées depuis septembre contre des embarcations soupçonnées de transporter de la drogue, auraient fait au moins 27 morts, selon les autorités colombiennes.
Une armée prête… mais limitée
Si le Venezuela affiche sa détermination, les experts militaires restent sceptiques. Les forces armées vénézuéliennes, affaiblies par des années de crise économique, manquent d’équipements modernes et de moyens logistiques.
Les manœuvres, souvent nocturnes et symboliques, ne se traduisent pas par un déploiement durable sur le terrain.
Des images diffusées par la chaîne d’État montrent des colonnes de soldats quittant leurs casernes, encadrés par la police, la Protection civile et la Milice nationale bolivarienne, un corps composé en grande partie de civils.
Mais en cas d’affrontement direct, « l’armée vénézuélienne ne tiendrait pas longtemps face aux troupes américaines », préviennent plusieurs observateurs.
En filigrane, ce discours musclé vise autant à mobiliser l’opinion intérieure qu’à envoyer un signal de défi à Washington : le Venezuela, malgré ses fragilités, veut prouver qu’il reste maître de son destin.
