Italie : vérification d’âge obligatoire sur les sites pour adultes à partir du 12 novembre

L’Italie emboîte le pas à la France et au Royaume-Uni dans la lutte contre l’accès des mineurs à la pornographie.

À compter du 12 novembre, l’Italie mettra en place un système de vérification d’âge obligatoire sur les sites pornographiques.
Une décision de l’Autorité italienne des communications (Agcom) qui s’inscrit dans la volonté de protéger les mineurs face à une exposition jugée inquiétante.
Cette mesure, inspirée des modèles français et britannique, marque une étape majeure dans la régulation du contenu pour adultes en Europe.

Des chiffres alarmants sur l’exposition des jeunes

Selon le Corriere della Sera, 94 % des 6 millions de mineurs italiens âgés de 8 à 16 ans possèdent un smartphone, mais seuls 1,2 million de ces appareils sont équipés de contrôles parentaux.
Par ailleurs, 88 % des garçons et 40 % des filles admettent consulter des vidéos pornographiques en ligne.
Un quart d’entre eux développerait même la croyance que les rapports sexuels impliquent une domination masculine, un constat jugé préoccupant par les autorités.

Malgré l’interdiction légale d’accès aux mineurs, il suffit encore aujourd’hui de cocher une simple case “J’ai plus de 18 ans” pour visionner du contenu explicite.

Un système innovant de “double anonymat”

Pour résoudre ce paradoxe, l’Italie mise sur un système inédit de “double anonymat”.
Ce dispositif permet de vérifier la majorité de l’utilisateur sans révéler son identité.
Concrètement, l’internaute obtiendra un code numérique (token) auprès d’un tiers de confiance (banque, opérateur téléphonique ou société spécialisée), qui certifiera sa majorité sans collecter de données personnelles.
Les sites, eux, ne sauront rien de l’identité réelle de leurs visiteurs.

L’Italie interdit formellement l’usage de la reconnaissance faciale ou de la collecte de documents d’identité, afin de préserver la vie privée numérique.

En France, un bras de fer toujours tendu

En France, les sites Pornhub, RedTube et YouPorn (propriétés du groupe Aylo) ont bloqué l’accès à leurs plateformes depuis juin pour protester contre la loi sur la vérification d’âge.
Leur page d’accueil affiche désormais une Marianne et le slogan provocateur :

“La liberté n’a pas de bouton off.”

Selon les documents de l’Agcom, Aylo redoute que l’instauration du même système en Italie fasse chuter drastiquement la fréquentation de ses sites.
Aux États-Unis, dans l’État de Louisiane, une mesure similaire a entraîné une baisse de 80 % des visites sur ces plateformes.

Un cadre mondial de plus en plus strict

Au Royaume-Uni, l’Online Safety Act impose désormais une authentification par e-mail, carte bancaire ou téléphone pour accéder à Pornhub, et même un scan facial pour certaines messageries comme Telegram.
Aux États-Unis, 24 États ont adopté des lois comparables, validées par la Cour suprême, qui a estimé que ces restrictions ne portaient aucune atteinte à la liberté d’expression, mais qu’elles protègent avant tout les mineurs.

L’essor des VPN : un contournement massif

Ces nouvelles règles ont provoqué une explosion de l’usage des VPN (Virtual Private Network), outils permettant de masquer son adresse IP pour contourner les blocages.
En France, Proton VPN a enregistré une hausse de 1 000 % de ses inscriptions dès l’entrée en vigueur de la loi, tandis que NordVPN annonçait une croissance de 300 %.

L’opérateur Free a même lancé son propre service gratuit, mVPN, permettant à ses abonnés d’accéder sans restriction aux sites bloqués via des serveurs étrangers.

Mais cette ruée vers les VPN n’est pas sans risques. Le Tech Transparency Project alerte : 20 des 100 VPN gratuits les plus utilisés aux États-Unis sont détenus par des entreprises chinoises, pouvant partager les données avec les autorités de Pékin.

Un débat entre protection et liberté

L’Italie s’engage ainsi dans un équilibre délicat entre protection des mineurs et respect de la vie privée.
Une démarche saluée par les défenseurs des droits de l’enfance, mais jugée inquiétante par certains acteurs du numérique, qui redoutent une surveillance déguisée ou un frein à la liberté d’accès.

Une chose est sûre : la bataille pour un Internet “propre” ne fait que commencer, et l’Europe veut désormais montrer l’exemple.

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