Trois ans après le meurtre de la petite Lola, 12 ans, la cour d’assises de Paris ouvre, ce vendredi, le procès de Dahbia Benkired. L’accusée de 27 ans, poursuivie pour meurtre, viol et actes de barbarie sur mineure de moins de 15 ans, encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le dossier, d’une violence inouïe, continue de hanter l’opinion publique française.
Un drame qui avait glacé la France
Le 14 octobre 2022, Lola Daviet disparaît en rentrant du collège. Quelques heures plus tard, son corps est retrouvé dans une malle, dans la cour de son immeuble, dans le 19ᵉ arrondissement de Paris. La fillette a été ligotée, frappée et asphyxiée. Sur ses pieds, les enquêteurs découvrent les chiffres « 0 » et « 1 », tracés au vernis rouge — un détail qui avait choqué le pays.
Très vite, les soupçons se portent sur Dahbia Benkired, une jeune femme d’origine algérienne, sans emploi, sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Arrêtée le lendemain des faits, elle passe rapidement des aveux à la dénégation, affirmant tantôt avoir rêvé du crime, tantôt avoir agi « sous la colère ».
Une personnalité instable et manipulatrice
Les expertises psychiatriques menées au cours de l’instruction dressent le portrait d’une femme manipulatrice, instable et marquée par une forte impulsivité. Selon les spécialistes, Dahbia Benkired ne souffre d’aucune pathologie mentale majeure : son discernement n’était ni aboli ni altéré au moment du meurtre.
Les experts évoquent une personnalité narcissique à tendance perverse, capable de duperie et de violence. Issue d’un parcours chaotique – arrivée en France en 2016, victime de violences conjugales, orpheline de ses deux parents – l’accusée vivait dans une grande précarité et consommait régulièrement du cannabis.
Un procès sous haute tension
Au-delà de l’horreur des faits, les jurés devront déterminer le mobile de ce crime que même les enquêteurs peinent encore à expliquer. Les avocats de la défense espèrent faire émerger, au fil des audiences, « la vérité d’une jeune femme brisée ».
La famille de Lola, elle, attend justice et apaisement, dans une affaire devenue symbole des failles du système migratoire français et de la violence gratuite.
Le verdict, attendu dans les prochains jours, marquera un tournant dans l’un des procès les plus médiatisés de ces dernières années.
