Le gouvernement français dirigé par Sébastien Lecornu a évité de peu la chute, ce jeudi 16 octobre 2025, après avoir survécu à deux motions de censure à l’Assemblée nationale. Ce double rejet éloigne, pour l’heure, le spectre d’une dissolution et ouvre la voie à l’examen du budget 2026, prévu dès la semaine prochaine.
La première motion, déposée par La France insoumise (LFI), n’a recueilli que 271 voix, soit 18 de moins que le seuil requis (289) pour renverser le gouvernement. Si les députés insoumis, communistes, écologistes et d’extrême droite ont voté pour, les socialistes (PS) ont choisi de ne pas s’y associer, obtenant en échange la suspension temporaire de la réforme des retraites.
Une seconde motion, initiée par le Rassemblement national (RN), n’a convaincu que 144 députés, confirmant la fragilité du front anti-Lecornu.
Une survie politique sous conditions
Cette courte victoire apparaît comme un répit fragile pour le Premier ministre, récemment rappelé à Matignon après la démission de son premier gouvernement. Sébastien Lecornu a salué une “non-censure” qui lui permet de se mettre « au travail », tout en remerciant les élus ayant permis d’éviter une crise institutionnelle.
Le Parti socialiste, clé de ce maintien, a tenu à nuancer son soutien. À la tribune, le député Laurent Baumel a averti : « Ce n’est en aucun cas un pacte de non-censure. La survie du gouvernement dépendra de la suspension effective de la réforme des retraites.
Des oppositions toujours vent debout
Les voix discordantes n’ont pas manqué. Aurélie Trouvé (LFI) a dénoncé un « leurre », une « tromperie », estimant que la suspension des retraites n’est qu’une manœuvre politique.
De son côté, Marine Le Pen a fustigé une droite qui, selon elle, s’est « dissoute dans le socialisme » par peur d’élections anticipées, accusant le gouvernement de préparer un “budget de matraquage fiscal”.
Face à ces attaques, Sébastien Lecornu a appelé à un “moment de vérité entre ordre républicain et désordre”, promettant un débat parlementaire sans recours au 49.3, afin de « laisser s’exprimer la démocratie ».
Une bataille budgétaire sous tension
Le projet de loi de finances 2026, évalué à près de 30 milliards d’euros d’efforts, arrive lundi devant la commission des finances, avant son examen dans l’hémicycle vendredi prochain.
Entre une gauche divisée, une droite prudente et une extrême droite offensive, le climat s’annonce explosif.
Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a déjà promis une gauche « unie pour corriger un budget injuste et récessif ». À l’inverse, le RN accuse la majorité d’avoir sauvé ses postes « au détriment de l’intérêt national ».
Dans cette atmosphère tendue, la majorité présidentielle tente de préserver son équilibre précaire, tandis que la France s’apprête à vivre des débats budgétaires décisifs pour la survie du gouvernement Lecornu II.
