Au début de son second mandat, Donald Trump avait annoncé une intensification des expulsions, promettant un dispositif migratoire renforcé. Cette politique s’est traduite par des mesures plus strictes, notamment à l’égard de personnes soupçonnées d’avoir dissimulé leur passé lors des procédures d’immigration. L’expulsion de Mayama Sesay, connue sous le nom de « Black Diamond », en est une illustration marquante.
Ancienne commandante du mouvement armé Liberians United for Reconciliation and Democracy (LURD), Sesay dirigeait une unité féminine surnommée les « Women’s Artillery Commandos ». Les autorités américaines l’accusent d’avoir menti lors de sa demande de résidence permanente, en niant son rôle dans le conflit. Selon elles, son implication dans le recrutement et l’utilisation d’enfants soldats a pesé lourdement dans la décision judiciaire.
Un juge avait ordonné son expulsion dès 2022, mais la procédure, retardée, a été exécutée seulement trois ans plus tard. Placée en détention au printemps 2025 par l’agence de l’immigration (ICE), Sesay a finalement été renvoyée au Liberia le 5 septembre.
Au-delà de son cas personnel, cette expulsion illustre la volonté de Washington d’appliquer strictement sa politique migratoire aux individus associés à des crimes ou violations des droits humains. L’administration met en avant la nécessité de préserver l’intégrité de son système en sanctionnant les dissimulations. Mais cette affaire rappelle aussi que les séquelles des guerres civiles peuvent ressurgir des décennies plus tard, jusque dans les tribunaux étrangers.
Le retour forcé de Mayama Sesay au Liberia soulève par ailleurs des interrogations sur son avenir et sur la manière dont son passé sera perçu dans un pays encore marqué par les traumatismes de la guerre. En choisissant d’en faire un exemple, les États-Unis envoient un message clair : les omissions face aux autorités migratoires peuvent avoir des conséquences lourdes, jusqu’à un retour imposé dans une réalité que l’on pensait définitivement derrière soi.
