Début juin 2025, la capitale togolaise a été le théâtre de grandes mobilisations contre le gouvernement de Faure Gnassingbé. Ces manifestations faisaient suite à des réformes institutionnelles jugées controversées, perçues comme une manière de prolonger l’influence politique du chef de l’État. Les forces de sécurité ont rapidement dispersé les foules par des tirs de gaz lacrymogènes et des interventions musclées, entraînant plusieurs arrestations et, selon des observateurs internationaux, la mort de manifestants.
Parmi les personnes interpellées figure Steeve Rouyar, un ressortissant français de 44 ans, originaire de Guadeloupe et installé au Togo pour développer une activité dans le secteur de la comptabilité. Sa famille a appris son arrestation par les réseaux sociaux, exprimant surprise et inquiétude face à la situation.
Selon ses proches, Steeve Rouyar n’appartenait à aucun mouvement politique mais suivait attentivement l’évolution du pays. Il aurait été arrêté le 6 juin, après avoir participé à la distribution de documents lors d’un rassemblement. Depuis, il serait détenu au Service central de recherches et d’investigations criminelles (Scric) dans des conditions décrites comme préoccupantes : espace exigu, manque de lumière, nourriture insuffisante et absence de sorties. Ses proches affirment qu’il a considérablement maigri et apparaît affaibli.
L’expert-comptable fait face à de graves accusations : troubles à l’ordre public, passibles de quelques années de prison, et atteinte à la sûreté de l’État, un chef d’inculpation qui pourrait lui valoir une peine comprise entre vingt et trente ans de réclusion. Sa famille, très préoccupée, redoute pour sa santé physique et psychologique, mais aussi pour l’issue incertaine de son dossier judiciaire. Cette affaire met en lumière les tensions persistantes au Togo et les risques encourus par les personnes arrêtées dans le contexte de contestations politiques.
