Malgré les accords de cessez-le-feu, les affrontements se poursuivent dans l’est de la République démocratique du Congo
Les forces rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) ont reconquis dimanche la ville stratégique de Shoa, située dans la province du Nord-Kivu en République démocratique du Congo. Cette reprise fait suite à d’intenses combats avec les forces loyalistes du gouvernement congolais.
La localité de Shoa, implantée dans le territoire de Masisi, avait été brièvement libérée samedi par l’armée congolaise appuyée par la milice Wazalendo. Cependant, les rebelles ont rapidement lancé une contre-offensive victorieuse.
Témoignages sur le terrain
« Les rebelles du M23 contrôlent désormais notre ville. Ils ont attaqué aux premières heures de ce dimanche et ont repoussé les Wazalendo qui s’étaient installés depuis la veille », témoigne Steven Bwema, un habitant local contacté par l’agence Anadolu.
Après les violents échanges de coups de feu de samedi, un calme précaire règne aujourd’hui dans la zone.
Un territoire aux enjeux économiques majeurs
Le territoire de Masisi représente un enjeu stratégique crucial depuis plus de trois mois, opposant rebelles et forces pro-gouvernementales dans une lutte acharnée pour son contrôle. Cette région recèle d’importantes richesses minières, notamment des gisements d’or, de cobalt et de tantale.
Accords de paix bafoués
Paradoxalement, ces nouveaux affrontements interviennent malgré la signature en juillet dernier à Doha (Qatar) d’un accord de cessez-le-feu entre Kinshasa et une coalition de groupes rebelles incluant le M23. Cette « Déclaration de principes » devait mettre fin aux hostilités, mais les combats se sont au contraire intensifiés.
Le général Sylvain Ekenge, porte-parole de l’armée congolaise, a fermement dénoncé samedi cette nouvelle vague d’attaques du M23 et de ses alliés de l’AFC contre les positions militaires dans le Nord et Sud-Kivu. Il y voit une « violation flagrante des accords de paix de Washington et de la Déclaration de principes de Doha ».
Implication régionale
Les autorités congolaises, soutenues par l’ONU et plusieurs gouvernements occidentaux, persistent à accuser le Rwanda voisin de fournir un appui logistique et militaire au M23. Kigali continue de rejeter catégoriquement ces accusations.
La semaine précédente, d’autres affrontements avaient opposé les rebelles Twigwaneho, alliés du M23, aux milices Wazalendo dans les villages de Mi’enge, Rukezi et Minembwe, illustrant la complexité du conflit dans cette région troublée.
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