La Russie et l’Ukraine affichent à nouveau des visions irréconciliables sur les conditions d’un éventuel règlement du conflit. Sergueï Lavrov a réaffirmé l’exigence de Moscou d’une reconnaissance par Kiev des régions annexées, ainsi que l’abandon de toute perspective d’adhésion à l’Otan, des conditions jugées inacceptables par les autorités ukrainiennes.
Selon le Kremlin, toute stabilisation durable passerait par l’acceptation des « nouvelles réalités territoriales » issues de l’offensive militaire. Ces revendications concernent la Crimée, annexée en 2014, ainsi que quatre régions revendiquées depuis septembre 2022. Kiev, par la voix de son vice-ministre des Affaires étrangères Andrïi Sybiga, a rejeté ce qu’il considère comme des ultimatums déjà connus, refusant tout compromis qui reviendrait à entériner la division du pays.
Depuis le début de la guerre en février 2022, les positions se sont continuellement durcies. L’offensive initiale de Moscou, qui visait une victoire rapide, s’est transformée en conflit prolongé. L’Ukraine, soutenue par ses alliés occidentaux, mène des contre-offensives et affirme que seule la restitution intégrale de son territoire peut constituer une base de négociations. De son côté, la Russie s’appuie sur l’occupation militaire pour tenter d’imposer ses conditions.
Face à ces positions diamétralement opposées, les perspectives d’un dialogue diplomatique apparaissent plus éloignées que jamais. Les déclarations officielles traduisent moins une volonté de compromis qu’une démonstration de fermeté de part et d’autre, prolongeant un blocage politique qui reflète l’impasse militaire.
