Afrique : l’Inde se tourne vers le Maghreb pour contourner Trump

Les taxes imposées par Washington bouleversent les stratégies industrielles indiennes. Face à la menace d’un effondrement de leurs ventes aux États-Unis, plusieurs groupes indiens déplacent leurs regards vers l’Afrique, en particulier le Maghreb, qui apparaît comme une base de production alternative.

L’Afrique, nouvelle terre d’opportunités

Selon Bloomberg, les industriels indiens sont en pleine zone de turbulence. Leurs grands clients américains exigent de renégocier les contrats, certains ayant même suspendu leurs commandes. Dans ce contexte, l’Afrique offre une échappatoire grâce à ses régimes fiscaux avantageux, permettant de conserver l’accès au marché américain malgré la hausse des droits de douane.

Le Maroc se distingue comme un pôle attractif. Ses zones industrielles modernes et son arsenal d’incitations fiscales séduisent les investisseurs : exonérations de TVA, allègements de droits de douane, dispositifs spéciaux pour l’export. Le royaume s’impose ainsi comme un hub stratégique, au même titre que le Nigeria, l’Éthiopie ou encore le Botswana, qui déploient aussi leurs propres mesures d’attraction.

Un fournisseur majeur du groupe américain GAP, déjà implanté au Kenya et en Éthiopie, incarne ce virage. Il prévoit d’étendre sa production en Afrique si les surtaxes atteignent 50 %. Bénéficiant aujourd’hui d’un taux préférentiel de 10 % sur ses exportations textiles, il considère le continent comme une solution durable pour sécuriser ses relations avec les distributeurs américains.

Une dépendance fragilisée aux États-Unis

Pour l’Inde, les secteurs les plus menacés sont l’habillement et la joaillerie. Les experts évoquent une chute possible de 90 % des ventes à destination du marché américain, un séisme qui frapperait directement l’emploi et les recettes d’exportation. Sans adaptation rapide, préviennent-ils, le choc pourrait être irrémédiable.

Cette recherche de relais de croissance pousse ainsi New Delhi et ses entreprises à miser sur l’Afrique, où la combinaison d’exonérations fiscales et de coûts de production compétitifs assure une certaine résilience face aux turbulences commerciales.

Trump, déclencheur d’une recomposition mondiale

Depuis son retour à la Maison-Blanche en 2024, Donald Trump applique une politique commerciale résolument protectionniste. Son administration a renforcé les droits de douane, désormais compris entre 10 % et 20 % sur de nombreux produits importés, et pouvant atteindre 60 % pour la Chine. L’Inde, dont les États-Unis constituent le premier débouché commercial, est frappée de plein fouet.

L’impact ne se limite pas au sous-continent. En Afrique, des pays comme l’Éthiopie misent sur le textile, le Botswana sur la transformation des pierres précieuses, et le Nigeria sur des incitations fiscales ciblées. Tous entendent profiter de ce repositionnement industriel mondial.

Une redistribution des cartes

Si cette dynamique se confirmais, elle pourrait remodeler les chaînes d’approvisionnement internationales. Pour l’Afrique, l’enjeu n’est pas seulement d’attirer les capitaux indiens, mais aussi de développer des filières locales capables de créer de la valeur ajoutée et de renforcer leur rôle dans le commerce mondial.

Ce basculement stratégique montre combien une décision fiscale prise à Washington peut résonner bien au-delà de ses frontières et redessiner l’économie planétaire.

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