Dans la tradition islamique, certaines pratiques et consommations sont autorisées, qualifiées de « halal », tandis que d’autres sont strictement prohibées, considérées comme « haram ». Parmi ces interdits figure la consommation d’alcool, condamnée pour ses effets néfastes sur le croyant et la société.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le Coran ne formule pas une interdiction explicite de l’alcool sous la forme d’une règle directe. Toutefois, plusieurs versets mettent en garde contre ses conséquences. La sourate 5 assimile le vin à une « abomination, œuvre du diable », tandis que la sourate 2 reconnaît certains bénéfices, tout en soulignant que « le péché l’emporte sur l’utilité ». La sourate 4, quant à elle, interdit aux fidèles de prier en état d’ivresse. Ces mises en garde ont conduit les premiers doctrinaires musulmans à bannir totalement sa consommation, afin d’écarter tout risque d’altération de la lucidité spirituelle et morale.
Au-delà de l’alcool, l’islam interdit également d’autres produits considérés comme impurs ou nuisibles. Le Coran proscrit notamment la viande de porc, le sang, les animaux morts sans abattage rituel, ainsi que certains animaux carnivores ou venimeux. Les musulmans sont également appelés à vérifier la composition des produits industriels afin d’éviter toute présence d’ingrédients interdits, comme la gélatine porcine ou l’alcool.
À l’inverse, le poisson et les fruits de mer sont généralement considérés comme halal car ils ne sont pas soumis au rituel d’abattage. Toutefois, certaines écoles juridiques, comme les Hanafites ou les Chiites, limitent cette permission au seul poisson, excluant les autres produits marins.
Quant à la viande de cheval, elle est autorisée sous condition de respecter les règles de l’abattage islamique, contrairement à celle de l’âne domestique et de la mule, jugées illicites. Ce point repose sur l’interprétation des hadiths plutôt que sur une mention explicite du Coran.
L’interdiction de l’alcool illustre ainsi l’esprit des préceptes islamiques : protéger le croyant de tout ce qui pourrait nuire à sa foi, à sa santé et à son équilibre moral.
