De récentes images satellitaires montrent l’achèvement d’un vaste complexe militaire circulaire à Kaliningrad, enclave russe entre la Pologne et la Lituanie. Selon des experts, ce site pourrait servir au renseignement et à l’interception des communications de l’OTAN.
Un dispositif d’écoute inédit
Depuis mars 2023, Moscou construit près de Tcherniahovsk une installation de type CDAA (Circularly Disposed Antenna Array). Presque achevé, le complexe s’étend sur 1,6 kilomètre de diamètre et se compose d’anneaux d’antennes disposés en cercle. Conçu pour capter des signaux radio à très longue distance, il offrirait, selon des chercheurs, une portée allant jusqu’à 7 400 kilomètres.
Une telle capacité permettrait à la Russie non seulement d’espionner les communications militaires de l’OTAN en Europe de l’Est, mais aussi de rester en contact avec ses sous-marins déployés dans la Baltique et l’Atlantique Nord. Pour plusieurs spécialistes, ce site pourrait devenir un centre stratégique majeur du renseignement russe.
Kaliningrad, avant-poste militaire du Kremlin
Située entre la Pologne et la Lituanie, Kaliningrad est déjà l’une des régions les plus militarisées d’Europe. La présence de missiles Iskander, de systèmes de défense aérienne et de troupes permanentes y a été confirmée depuis plusieurs années. Cette enclave constitue un point de pression stratégique pour Moscou face à l’OTAN, qui considère la zone comme hautement sensible.
Un climat de tensions renforcé par la guerre en Ukraine
Cet investissement s’inscrit dans un contexte de confrontation prolongée avec l’Occident depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022. La mer Baltique est devenue un espace sous haute surveillance, essentiel pour les communications sous-marines et les flux énergétiques.
Par ailleurs, plusieurs incidents liés à la « flotte fantôme » russe – des navires anciens utilisés pour contourner les sanctions – inquiètent l’Union européenne, notamment après des détériorations de câbles sous-marins.
Une démonstration de force stratégique
La mise en place de cette nouvelle infrastructure confirme la volonté de Moscou de consolider son arsenal de renseignement et de communication, tout en affirmant sa présence militaire à proximité directe du territoire de l’OTAN.
