Lancée pour assainir et structurer le paysage politique béninois, la réforme du système partisan est aujourd’hui mise à rude épreuve au sein même de la majorité présidentielle. Conçue pour réduire les querelles personnelles et limiter la transhumance politique, elle peine à contenir les rivalités qui minent la cohésion du camp au pouvoir.
Le jeudi 14 août 2025, au siège de Moele-Bénin à Cotonou, son président Jacques Ayadji a dénoncé publiquement ce qu’il qualifie de « débauchage » et de « basses manœuvres » orchestrées, selon lui, par des responsables de la mouvance présidentielle. Il a cité nommément le député Edmond Agoua, le maire de Tori-Bossito Rogatien Akwaku et l’acteur politique Alain Gnancadja, accusés de cibler son parti. « Moele-Bénin est plus attaqué dans la mouvance présidentielle que dans l’opposition », a-t-il regretté, soulignant une perte de confiance dans les mécanismes internes de régulation.
Au-delà de ce conflit, les tensions s’étendent à d’autres localités. Dans la commune de Toffo, des conseillers affiliés à l’Union progressiste le Renouveau (UPR) contestent ouvertement leur maire, anciennement proche du Bloc Républicain (BR). Cette fronde illustre la difficulté de gérer des alliances fragiles où les loyautés passées pèsent toujours lourd.
Les tensions persistent également entre l’UPR et le Parti du renouveau démocratique (PRD), deux formations pourtant intégrées à la majorité. Leurs rivalités locales entretiennent un climat de méfiance qui fragilise les directives nationales.
Parallèlement, une vague de démissions touche la mouvance : militants, cadres et élus locaux quittent leurs partis, désabusés par les querelles internes ou marginalisés par les appareils. Ces départs, encore peu quantifiés, témoignent d’un malaise croissant et d’un décalage entre les promesses de la réforme et la réalité politique.
Alors que le pays s’approche des élections générales de 2026, ces fractures mettent à l’épreuve l’ambition du président Patrice Talon de bâtir une majorité stable et disciplinée.
