Les autorités burkinabè ont décidé d’expulser Carol Flore-Smereczniak, représentante des Nations unies à Ouagadougou, à la suite de la publication d’un rapport sur les enfants affectés par le conflit armé. Considéré comme biaisé et nuisible à l’image de l’armée nationale, ce document a provoqué une nouvelle fracture diplomatique entre le Burkina Faso et ses partenaires internationaux.
Un rapport jugé partial
Le rapport intitulé « Les enfants et le conflit armé au Burkina Faso » a été perçu par le gouvernement comme une atteinte directe aux forces de défense. Selon Ouagadougou, il aurait amalgamé l’armée régulière et les groupes armés terroristes, sans concertation préalable avec les institutions nationales. Une présentation que les autorités estiment de nature à décrédibiliser les efforts militaires dans un contexte de lutte acharnée contre l’insécurité.
L’ONU, de son côté, a regretté cette décision tout en rappelant que ses représentants disposent d’immunités internationales. Elle a néanmoins assuré maintenir son engagement humanitaire et ses programmes de développement dans le pays.
Un épisode de plus dans une série de ruptures
Cette expulsion n’est pas une première. En décembre 2022, Barbara Manzi, alors coordonnatrice résidente de l’ONU, avait déjà été déclarée persona non grata. Quelques mois plus tard, Ouagadougou avait exigé le départ des forces françaises, confirmant une volonté d’affirmer sa souveraineté dans la gestion de la sécurité et de ses partenariats extérieurs.
Ces décisions traduisent une orientation diplomatique assumée : réduire la dépendance vis-à-vis d’acteurs étrangers et renforcer l’autonomie stratégique du pays. Dans un climat marqué par la défiance et l’urgence sécuritaire, le Burkina Faso entend définir seul les modalités de protection de sa population et la conduite de ses relations internationales.
