Quatre ministres claquent la porte alors que le gouvernement étudie une feuille de route américaine visant à désarmer le mouvement chiite d’ici fin 2025.
Beyrouth – Sous haute tension, le gouvernement libanais a tenu jeudi 7 août 2025 une réunion cruciale consacrée à une proposition américaine portant sur un désarmement progressif du Hezbollah, principal allié de l’Iran au Liban, d’ici la fin de l’année. Si le plan a reçu un accueil mesuré de la part de l’exécutif, quatre ministres chiites ont quitté la salle en signe de protestation, dénonçant une atteinte à la souveraineté nationale.
Dans un contexte déjà inflammable, marqué par des frappes israéliennes meurtrières dans l’est du Liban (au moins cinq morts et dix blessés jeudi), l’envoi d’un mémorandum par l’émissaire américain Tom Barrack a ravivé les crispations internes.
« Nous avons validé les objectifs, pas les détails », a tempéré le ministre libanais de l’Information Paul Morcos, précisant que le cabinet n’avait pas discuté le contenu complet de la feuille de route.
Selon un document consulté par Reuters, la proposition prévoit un désarmement total du Hezbollah couplé à la fin des opérations militaires israéliennes et au retrait des troupes de cinq positions stratégiques dans le sud du pays. Une avancée sans précédent, saluée par l’envoyé américain, qualifiant la décision de « courageuse et historique ». Un soutien rapidement relayé par la diplomatie française.
Un plan explosif dans un climat instable
Mais sur le terrain, la résistance s’organise. Le bloc parlementaire du Hezbollah a fermement rejeté le projet, accusant le gouvernement de plier sous les exigences américaines et d’ouvrir la voie à une mainmise israélienne. Le mouvement chiite parle d’un « péché grave » et prévient qu’il n’entend pas appliquer la décision.
Dans la foulée, Iraj Masjedi, haut responsable iranien, a martelé que le désarmement du Hezbollah « n’arrivera pas », renforçant la dimension géopolitique du dossier. Les quatre ministres chiites présents à la réunion de jeudi, dont deux affiliés au Hezbollah, un au mouvement Amal, son allié, et un indépendant, se sont retirés avant la fin de la séance pour protester contre la décision de désarmer le mouvement, selon la télévision du mouvement, Al-Manar.
Découverte de tunnels et nouvelle escalade militaire
La situation s’est encore tendue après la découverte par la FINUL d’un réseau de tunnels fortifiés à Naqoura, comprenant armes lourdes, roquettes et explosifs. Une révélation qui renforce la pression internationale sur le Hezbollah, déjà affaibli par des mois de confrontations avec Israël.
Tel-Aviv, de son côté, menace d’intensifier ses frappes si le mouvement n’est pas démantelé, malgré le cessez-le-feu du 27 novembre dernier, qui prévoyait notamment le retrait du Hezbollah au nord du fleuve Litani et le renforcement du rôle de l’armée libanaise et des Casques bleus.
