Deux jeunes femmes françaises âgées de 21 ans sont actuellement incarcérées en Turquie, après avoir été interpellées à l’aéroport d’Istanbul avec deux valises contenant une importante quantité de cannabis. Les faits remontent au 28 février 2025, mais n’ont été rendus publics que récemment. Les deux étudiantes françaises arrêtées à leur retour de vacances risquent jusqu’à 16 ans de prison pour trafic de stupéfiants.
Une affaire de drogue aux contours flous
Selon les premiers éléments communiqués par leurs proches et leur avocate, le voyage des deux jeunes femmes devait initialement les conduire en Thaïlande pour des vacances. Le séjour, intégralement financé par un ancien camarade de lycée, incluait billets d’avion et hôtel de luxe. Ce dernier leur avait assuré qu’il les rejoindrait sur place, ce qui ne s’est jamais produit. Les communications avec lui ont cependant continué tout au long du séjour via téléphone.
Au moment de quitter Bangkok, cet « ami » leur aurait demandé un service : rapporter deux valises qu’il aurait oubliées sur place. Selon les étudiantes, les bagages, cadenassés, leur ont été remis par un inconnu, avec la précision qu’ils contenaient de simples produits de contrefaçon. En confiance, elles acceptent de les transporter. Mais l’escale à l’aéroport d’Istanbul change tout : les douaniers découvrent que les valises sont remplies de cannabis.
Une manipulation orchestrée depuis une prison française ?
L’avocate de l’une des deux jeunes femmes, Me Carole-Olivia Montenot, affirme que ses clientes auraient été manipulées à leur insu. Elle révèle que le soi-disant ami serait en réalité détenu à la maison d’arrêt d’Amiens, dans le nord de la France.
« En France, un détenu peut aujourd’hui piloter des opérations criminelles depuis sa cellule à l’aide d’un téléphone portable. C’est une situation préoccupante », déplore l’avocate, qui a saisi le parquet d’Amiens pour qu’une enquête soit ouverte sur les responsabilités du jeune homme présumé manipulateur.
Me Montenot envisage de déposer plainte contre l’auteur présumé de la manipulation, dès qu’elle aura accès à davantage d’informations sur les circonstances exactes. La famille de l’une des étudiantes envisage également des démarches judiciaires à l’encontre de l’État français, qu’elle juge défaillant dans sa mission de surveillance carcérale. Elle pointe du doigt l’administration pénitentiaire, estimant qu’elle aurait dû empêcher un détenu d’organiser une telle opération depuis une cellule.
Une comparution prévue en septembre
Les deux étudiantes françaises emprisonnées à Istanbul sont actuellement détenues à la prison de Marmara, à proximité de la capitale économique turque. Leur procès pour trafic de drogue est prévu pour le 11 septembre 2025 devant les juridictions turques. Elles encourent jusqu’à 16 ans d’emprisonnement, selon la législation locale.
