Trois ans après le début de la guerre en Ukraine, la stratégie de pression économique occidentale sur la Russie montre ses limites. En 2024, Moscou a enregistré une croissance de plus de 4 %, soutenue par ses exportations énergétiques redirigées vers la Chine et l’Inde. Pékin augmente ses achats de gaz via le gazoduc Force de Sibérie, tandis que New Delhi importe massivement du pétrole russe à prix réduit.
Pour contourner les circuits financiers occidentaux, les transactions s’effectuent de plus en plus en monnaies locales, hors du système SWIFT, appuyées par des banques asiatiques. Si les sanctions ont affaibli certains secteurs, comme l’aéronautique ou l’industrie automobile, l’économie russe s’est reconfigurée, accélérant la substitution aux importations et renforçant son industrie de défense.
Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a durci sa position, fixant un ultimatum à Moscou et menaçant de nouvelles sanctions. Cette offensive pourrait toutefois heurter des partenaires majeurs comme la Chine et l’Inde, menaçant les équilibres géopolitiques et commerciaux déjà fragilisés.
Face à une Russie toujours debout et un monde multipolaire en recomposition, les leviers économiques occidentaux apparaissent de moins en moins décisifs. La réussite future de cette stratégie dépendra de l’unité des alliances et de leur adaptation à cette nouvelle donne internationale.
