L’ancien Premier ministre malien Moussa Mara a été placé sous mandat de dépôt, accusé d’atteinte à la sûreté de l’État après des prises de position jugées hostiles au pouvoir en place.

Le procureur du pôle national de lutte contre la cybercriminalité a confirmé vendredi l’inculpation de l’ex-chef du gouvernement sous Ibrahim Boubacar Keïta. La procédure fait suite à plusieurs publications sur les réseaux sociaux dans lesquelles Moussa Mara exprimait son soutien aux opposants politiques détenus et critiquait ouvertement les autorités militaires.
En juillet, l’ancien Premier ministre avait rendu visite à plusieurs figures de l’opposition emprisonnées, affirmant qu’il se tenait solidaire des prisonniers d’opinion. Ces déclarations publiques ont alimenté les tensions dans un contexte politique déjà marqué par la crispation et la répression.

Depuis les coups d’État successifs de 2020 et 2021, le Mali est dirigé par une junte qui a progressivement renforcé son contrôle. En mai dernier, les militaires ont dissous l’ensemble des partis politiques, après l’une des rares manifestations de contestation depuis leur prise de pouvoir.
Après plusieurs convocations judiciaires, Moussa Mara a été placé en détention provisoire. Son procès est fixé au 29 septembre prochain. La détention de l’ancien Premier ministre intervient alors que les autorités de transition poursuivent leur politique de fermeté face à toute contestation, qu’elle soit institutionnelle ou issue de la société civile.
