Dans le territoire de Masisi, à l’ouest de Goma, de violents affrontements ont éclaté mercredi entre les rebelles du M23 et les groupes armés dits Wazalendo. Des détonations d’armes lourdes ont été entendues dans plusieurs localités, notamment dans le secteur de Katoyi et les villages de Katobotobo et Luke, situés dans le groupement Nyamaboko I du secteur Osso Banyungu.
Ces combats ont provoqué de nouveaux déplacements de population. De nombreux habitants, fuyant l’insécurité, ont cherché refuge dans les localités voisines, déjà saturées par l’afflux de déplacés internes. Depuis plusieurs semaines, Masisi est l’un des principaux foyers de tension dans la province du Nord-Kivu.
Un cessez-le-feu resté lettre morte
Cette nouvelle escalade intervient malgré la signature, en juin à Doha, d’une déclaration de principe censée mettre un terme aux hostilités entre le gouvernement congolais et les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda. L’accord, facilité par le Qatar, prévoyait un cessez-le-feu immédiat et des engagements mutuels en faveur du dialogue. Mais sur le terrain, les combats se poursuivent sans relâche.
Selon des sources sécuritaires et humanitaires, les affrontements récents illustrent les difficultés d’application des engagements pris dans un contexte où les lignes de front restent mouvantes et les alliances volatiles. La situation est d’autant plus préoccupante que les zones touchées sont enclavées, rendant l’acheminement de l’aide humanitaire particulièrement difficile.
Une crise humanitaire aggravée
Avec près de 7 millions de déplacés internes à travers le pays, dont une majorité concentrée dans les provinces de l’Est, la République démocratique du Congo traverse l’une des plus graves crises humanitaires du continent africain. Le Secrétaire général des Nations unies a récemment appelé à la mise en œuvre urgente des engagements pris à Doha et à un accès humanitaire sans entrave dans les zones de conflit.
Pendant ce temps, la population civile paie le prix fort d’un conflit prolongé et meurtrier. Entre attaques armées, pillages et déplacements forcés, les besoins en assistance médicale, alimentaire et logistique ne cessent d’augmenter.
À Masisi comme dans l’ensemble du Nord-Kivu, la paix reste fragile. Les annonces diplomatiques peinent à se traduire sur le terrain, et les civils demeurent pris en étau entre des belligérants qui multiplient les affrontements, malgré les appels au cessez-le-feu.
