Coup de tonnerre dans le football africain. Le mardi 17 mars 2026, le Jury d’appel de la ConfĂ©dĂ©ration Africaine de Football (CAF) a rendu une dĂ©cision sans prĂ©cĂ©dent dans l’histoire de la compĂ©tition : retirer au SĂ©nĂ©gal son titre de Champion d’Afrique et dĂ©clarer le Maroc vainqueur de la 35ᵉ Ă©dition de la Coupe d’Afrique des Nations — sur tapis vert, 3-0.​
La Finale du 18 Janvier : Un Match Déjà Explosif
Tout a commencĂ© Ă Rabat, au Maroc, lors de la grande finale de la CAN 2025 le 18 janvier 2026. Les Lions de la TĂ©ranga affrontent les Lions de l’Atlas devant leur propre public dans une atmosphère Ă©lectrique. Au cours du match, l’arbitre accorde un penalty controversĂ© au Maroc, une dĂ©cision qui provoque la fureur des joueurs sĂ©nĂ©galais : plusieurs d’entre eux quittent temporairement la pelouse en signe de protestation. Le tir au but est confiĂ© Ă Brahim Diaz, qui le rate face à Édouard Mendy. Finalement, le SĂ©nĂ©gal remporte la finale lors des prolongations sur le score de 1-0, et rentre au pays en hĂ©ros, sacrĂ© champion d’Afrique.
La Plainte du Maroc et le Feuilleton Juridique
Refusant d’accepter ce rĂ©sultat, la FĂ©dĂ©ration Royale Marocaine de Football (FRMF) dĂ©pose immĂ©diatement une rĂ©clamation officielle auprès de la CAF, pointant du doigt le comportement des joueurs sĂ©nĂ©galais qui ont quittĂ© le terrain avant la fin officielle du match. Dans un premier temps, le Jury Disciplinaire de la CAF rejette cette plainte, laissant le titre au SĂ©nĂ©gal. Mais le Maroc ne s’arrĂŞte pas lĂ : il fait appel de cette dĂ©cision auprès du Jury d’Appel de la CAF, ouvrant un nouveau front juridique qui allait durer près de deux mois.
La Décision Historique de la CAF
Le 17 mars 2026, le Jury d’Appel tranche et crĂ©e la stupeur dans tout le continent africain. Dans son communiquĂ© officiel, la CAF annonce :​
« Le Jury d’Appel de la CAF a dĂ©cidĂ©, en application de l’article 84 du Règlement de la CAN, de dĂ©clarer l’Ă©quipe nationale du SĂ©nĂ©gal forfait lors de la finale, le rĂ©sultat Ă©tant homologuĂ© sur le score de 3-0 en faveur de la FĂ©dĂ©ration Royale Marocaine de Football. »
Les raisons invoquées reposent sur deux articles clés du règlement :​
- Article 82 : toute équipe qui refuse de jouer ou quitte le terrain avant la fin officielle du match est considérée comme forfait.
- Article 84 : application des sanctions sportives en cas de forfait, soit une défaite sur tapis vert 3-0.
La CAF a Ă©galement annulĂ© la dĂ©cision prĂ©cĂ©dente du Jury Disciplinaire, validant pleinement le recours marocain. C’est la première fois dans l’histoire de la CAN qu’une victoire en finale est invalidĂ©e de cette manière.
Ce Qui Peut Découler de Cette Décision
Cette décision ouvre plusieurs scénarios importants :
- Recours au TAS : La Fédération Sénégalaise de Football (FSF) dispose de 10 jours pour saisir le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) à Lausanne, la plus haute instance du sport mondial. Le Sénégal pourrait obtenir un sursis ou même une annulation de la décision de la CAF.​
- Crise diplomatique et footballistique : Les rĂ©actions des joueurs sĂ©nĂ©galais sont dĂ©jĂ virulentes. Cette affaire risque d’alimenter les tensions entre les deux fĂ©dĂ©rations et leurs supporters pour les annĂ©es Ă venir.​
- Remise en question de la gouvernance de la CAF : Une dĂ©cision rendue deux mois après une finale remet sĂ©rieusement en cause la crĂ©dibilitĂ© et la rapiditĂ© des procĂ©dures disciplinaires du football africain, fragilisant l’image de l’institution.
- CĂ©rĂ©monie de remise du titre : Le Maroc devra dĂ©sormais ĂŞtre officiellement sacrĂ© champion d’Afrique 2025, dans des circonstances pour le moins inhabituelles — une première mondiale dans l’histoire des grandes compĂ©titions continentales.
- Un prĂ©cĂ©dent dangereux : Cette dĂ©cision crĂ©e un prĂ©cĂ©dent qui pourrait encourager d’autres fĂ©dĂ©rations Ă contester des rĂ©sultats sur tapis vert, transformant les recours juridiques en stratĂ©gie parallèle au jeu.​
Le football africain traverse l’un des Ă©pisodes les plus controversĂ©s de son histoire. Quelle que soit l’issue d’un Ă©ventuel recours au TAS, cette finale SĂ©nĂ©gal-Maroc restera Ă jamais gravĂ©e dans les mĂ©moires — non pas pour un but, mais pour une dĂ©cision prise dans un bureau, deux mois après le coup de sifflet final.
