Cotonou, 15 juillet 2025 — L’arrestation du journaliste et réfugié politique béninois Comlan Hugues Sossoukpè provoque un tollé dans les rangs de l’opposition. Le parti Les Démocrates a vivement réagi lundi 14 juillet, lors d’un point de presse à son siège à Cotonou, dénonçant ce qu’il qualifie d’« enlèvement international sous couverture étatique ».
Un acte jugé illégal et politiquement motivé
Selon le Secrétaire à la communication du parti, Guy Mitokpè, l’interpellation du journaliste, survenue en Côte d’Ivoire où il aurait été officiellement invité dans le cadre d’une mission professionnelle, constitue une violation grave des conventions internationales relatives aux réfugiés, notamment celles du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR).
« Ce n’est ni plus ni moins qu’un acte criminel orchestré à des fins politiques », a dénoncé Mitokpè. Le parti exige des clarifications urgentes sur les conditions exactes de l’arrestation et les mécanismes juridiques qui auraient permis son transfert au Bénin :
- Qui a procédé à son arrestation ?
- Sous quel mandat ?
- En vertu de quel accord bilatéral ou multilatéral a-t-il été livré aux autorités béninoises ?
Une instrumentalisation de la justice à l’approche de 2026 ?
Cette arrestation intervient à moins d’un an des élections générales de 2026, dans un climat politique marqué par une montée des tensions. Pour Les Démocrates, cela s’inscrit dans une logique de répression ciblée des voix critiques et de bâillonnement médiatique, à travers une stratégie de criminalisation de la dissidence.
« Ce que nous voyons, c’est la volonté manifeste de réduire au silence les sources d’information crédibles et indépendantes, en prévision d’un projet de troisième mandat, déguisé ou assumé », a déclaré Mitokpè, parlant de « méthodes barbares d’un autre temps ».
Un appel à la mobilisation nationale et internationale
Le parti appelle la communauté internationale — notamment la CEDEAO, l’Union européenne, la France et les États-Unis — à saisir l’urgence de la situation et à faire respecter les textes internationaux protégeant les réfugiés et la liberté d’expression.
« Enfants du Bénin debout ! », a lancé Guy Mitokpè, en conclusion, exhortant tous les citoyens, indépendamment de leurs affiliations politiques, à se mobiliser pour la justice, la vérité et l’État de droit.
